Dr François Bourdillon, Directeur général de Santé publique France

Écrit par Marion Istvan le . Publié dans Entretiens

2017 Franois BourdillonLe Dr François Bourdillon, directeur général de Santé publique France, qui nous fait par ailleurs l’honneur d’intervenir lors du SANI, a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions.

AS : Comment êtes-vous venu à la santé publique ?
Avec le SIDA, j’étais chargé de mission à l’ORS Ile-de-France sur le SIDA et j’assurais des consultations VIH à Louis Mourier. Le ministère de la santé m’a alors proposé un poste de  chargé de mission à la mission SIDA de la direction des hôpitaux (devenue direction générale de l’offre de soins). Il s’agissait de contribuer à adapter notre système de santé pour faire face à l’épidémie de VIH – SIDA. Tout était à construire. Nous avons mis en place un système d’information hospitalier pour savoir où étaient soignés les patients, à quel stade ils étaient. Nous avons coordonné le premier groupe d’experts pour élaborer les premières recommandations de pratiques cliniques du SIDA. Nous avons développé un plaidoyer pour financer les soins et en particulier les antirétroviraux.
C’est ainsi que j’ai commencé la santé publique ; je suis devenu ensuite responsable de la mission SIDA et depuis je n’ai jamais arrêté la santé publique !

Françoise Schaetzel, conseillère déléguée au suivi de la qualité de l'air de la métropole de Strasbourg

Écrit par Sylvain Gautier le . Publié dans Entretiens

2017 Schaetzel Francoise 8971cHaut fonctionnaire, médecin de santé publique, Françoise Schaetzel est également conseillère municipale à la ville de Strasbourg et conseillère de l’Eurométropole déléguée « au suivi de la qualité de l’air ». Elle accepte pour nous de revenir sur quelques aspects de son (vaste) parcours professionnel.

S.G. : Bonjour Madame. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
F.S. : Je suis actuellement dans la haute fonction publique d’Etat, chargée d’évaluation de politiques de santé et cela depuis maintenant 10 ans. Mon activité professionnelle initiale est celle de la médecine générale : j’ai exercé plusieurs années dans un quartier sensible de Strasbourg. Cette expérience de terrain a fait de moi une militante convaincue de la médecine de premier recours. Plus tard, devenue médecin inspecteur de santé publique (MISP), j’ai occupé plusieurs postes en administration de la santé, réalisant nombre d’allers-retours entre DDASS et DRASS. J’ai par la suite rejoint une direction interministérielle en charge des questions santé et pauvreté. Plusieurs années enseignante à l’Ecole nationale de santé publique (devenue désormais l’Ecole des hautes études en santé publique, EHESP, ndlr.), j’ai beaucoup travaillé sur l’évaluation des politiques de santé et c’est sans doute en partie pourquoi je me sens bien dans ma fonction actuelle.

S.G. : C’est là un questionnement récurrent des internes de santé publique que le choix (ou non) du saut statutaire. Quelles opportunités vous a apporté le statut de MISP ?
F.S. : J’ai rejoint le corps des MISP dans les années 1980. Dans une administration où la créativité et l’innovation étaient possibles, j’ai contribué à créer les premières conférences régionales de santé, qui contribuaient à introduire une démocratie sanitaire dans la définition et la mise en œuvre des politiques régionales de la santé. Mon double regard, de professionnel médical et de professionnel de santé publique, m’a toujours permis d’appréhender les sujets avec le souci du décloisonnement. C’est ainsi que j’ai pu mettre en place des programmes de santé intégrés portant tout à la fois sur la prévention, le soin, la réadaptation ou les soins palliatifs.

Florence Canoui-Poitrine, PU-PH de santé publique

Écrit par Sylvain Gautier le . Publié dans Entretiens

CP : Pouvez-vous résumer votre parcours ?
FCP : J’ai un parcours un peu particulier. J’ai passé l’internat en 2002 à Paris, en spécialités médicales. J’ai fait un an de clinique (un semestre de rhumatologie et un en endocrinologie). J’ai ensuite fait un hors filière en santé publique puis un droit au remord dans la spécialité. Durant mon internat, j’ai fait un premier semestre dans le service de santé publique du Kremlin-Bicêtre, un semestre au ministère de la santé à la DREES, un semestre au département santé-environnement à l’InVS (aujourd’hui Santé publique France.) J’ai ensuite pris un an de disponibilité avec une bourse afin de faire le M2 « recherche en santé publique » de l’université Paris XI en spécialité « épidémiologie ». Je suis ensuite retournée dans le service de santé publique de KB et mon dernier semestre s’est déroulé dans le service de santé publique de l’hôpital Henri Mondor (où je travaille aujourd’hui).

Après mon internat, je suis partie à Lyon où j’ai exercé en tant qu’AHU au pôle “information médicale-évaluation recherche” pendant 2 ans. J’ai dans le même temps démarré une thèse d’épidémiologie cardiovasculaire avec une équipe Inserm parisienne. J’ai alors eu l’opportunité de revenir à Paris dans le service de santé publique de Henri Mondor en tant qu’AHU. J’ai ensuite été nommée MCU-PH dans ce service pendant 5 ans puis PU-PH l’année dernière.

florcpoi

CP : Comment sont structurés les collèges universitaires en santé publique ?

FCP : Nous avons deux CNU (Conseils Nationaux d’Université) en santé publique qui nomment les professeurs d’université en santé publique, épidémiologie-prévention-économie de la santé et statistique-biostatistiques-informatique médicale. Je fais partie des universitaires du premier CNU.

M.-T. Roux, médecin conseiller technique du recteur

Écrit par EL FELLAH EL OUAZZANI le . Publié dans Entretiens

Acteurs de prévention individuelle et collective et de promotion de la santé auprès des enfants scolarisés dans les établissements d'enseignement des premier et second degrés de leur secteur d'intervention, les médecins de l’éducation nationale exercent des missions de santé publique. Le Dr. Roux, conseiller technique, nous en dit plus.

HO : Bonjour Madame Roux, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

MTR : Après avoir exercé la médecine scolaire sur le terrain en secteur rural, j’ai assuré des fonctions de médecin responsable départemental puis de médecin conseiller de recteur pendant 13 ans.

HO : Pourriez-vous nous décrire votre parcours de médecin de santé publique ?

MTR :  C’est en exerçant la médecine scolaire sur le terrain, que j’ai pris conscience de la nécessité d’évaluer les besoins pour mieux définir les objectifs et les priorités sur mon secteur d’intervention, compte tenu de l’ampleur des missions d’un médecin scolaire. Lorsque j’ai assuré des missions d’encadrement à l’échelle d’un département, je me suis rapprochée de l’Observatoire Régional de Santé pour mettre en place et évaluer un projet triennal de prévention du risque alcool, auprès de collégiens. Par la suite j’ai sollicité et obtenu la qualification en santé publique. Outre la formation dispensée à l’Ecole Nationale de Santé Publique (aujourd’hui EHESP) de Rennes pour devenir médecin scolaire, j’ai un diplôme universitaire de Médecine de l’Adolescent.

mtroux

ME Medicine vs. WE Medicine

Écrit par Sylvain Gautier le . Publié dans Entretiens

memed

Dans cet ouvrage, Donna Dickenson nous invite à modérer notre enthousiasme face à la médecine de précision, ou médecine personnalisée, qui ne recherche pas forcément le bien collectif, coeur de préoccupation de la santé publique.

 

Donna Dickenson est une philosophe américaine spécialiste des questions d’éthique médicale. Détentrice d’un master de la London School et d’un doctorat de l’université de Yale, Donna a passé l’essentiel de sa vie en Grande-Bretagne. Elle est devenue, en 2006, la première femme à recevoir le prix Spinoza-Lens international.

Une fiche de lecture à retrouver dans le bulletin n°31 du mois d'octobre 2016