Editorial de la présidente

Écrit par Sylvain Gautier le . Publié dans Editorial

Laetitia Satilmis, présidente du CliSP

Bienvenue à Nantes, ville favorite au choix d’internat !

Quelle meilleure ville pour nous retrouver que celle la plus plébiscitée par les jeunes médecins pour effectuer leur internat ? C’est donc Nantes qui a l’honneur, pour la première fois, d’organiser et d’accueillir le 13ième Séminaire National de Formation des Internes en Santé Publique. Une ville pour parler de LA ville. Elle sera en effet au cœur de ces 3 jours de séminaires. Trois jours pour échanger, débattre, nous questionner sur des enjeux croissants de santé publique qui nous concernent et concerneront, à n’en pas douter, notre exercice futur.

Ville et santé publique : des liens évidents

On a tendance à définir la santé publique comme étant un domaine qui s’intéresse à la santé des populations et non pas seulement des individus, comme c’est le cas en médecine clinique. De cette définition découle naturellement un intérêt sur les modes et les milieux de vie. Les dernières décennies ont confirmé la tendance du XXème siècle à l’« urbanisation » de notre société. Les répercussions d’un tel mode de vie et ses conséquences en termes d’aménagements nous incitent à nous questionner sur les effets de l’ « urbanicité ». De la salubrité publique à la promotion de la santé, de la qualité de l’air à l’agriculture urbaine, du concept de « mobilité » aux inégalités urbaines de santé, ce sont tous ces thèmes que ce séminaire, placé sous le sceau de l’« Urban Health», va tenter d’aborder et d’éclairer.

Des habitants au premier plan face à un monde en transition

Si les enjeux de la ville se situent à une échelle locale, c’est pourtant bien à des phénomènes plus globaux qu’elle a et qu’elle aura affaire. Ces phénomènes, que sont, entre autres, le réchauffement climatique et la (les) pollution(s), les flux de populations, la réduction des ressources et la montée des inégalités, auront des impacts sanitaires que la ville devra « absorber ». L’enjeu est là : faire face à ce monde en transition et en constante accélération tout en préservant l’humain et son écosystème. La ville a son rôle à jouer dans le développement de « systèmes résilients » qui permettront de préserver les acquis du siècle dernier tout en prenant en compte les défis du XXIème dans lequel nous sommes entrés de plein pied. Nous, médecins de santé publique, devons avoir pleinement conscience de ces différents enjeux et de leurs impacts sur la santé des habitants afin de concevoir et d’intégrer la complexité comme variable inconditionnelle de nos pratiques.

Les villes au cœur de la réforme de la représentativité du CliSP

Nous constatons bien que la ville est une échelle pertinente et fonctionnelle en terme d’impact des actions et mesures de santé publique. Cette réflexion nous anime aussi au CliSP concernant nos propres activités, notamment celle d’animation du lien des internes entre eux et avec leur association représentative. Dans un souci d’amélioration et d’optimisation de ce dernier, nous avons collégialement décidé que chaque ville serait désormais représentée au sein de notre Collège. En effet un représentant du CliSP sera présent au sein de chaque subdivision afin d’orienter nos actions au plus près de leurs besoins et des problématiques qu’elles peuvent rencontrer. La mise en place d’un tel système de représentation trouvera vite son application dans la mise en place de la réforme du 3e cycle des études médicales.

L’autre réforme : celle du 3e cycle des études médicales

Cette fameuse « R3C » nous aura bien occupé, et ce depuis déjà plusieurs mandats. Nous avons eu à cœur d’éviter les écueils potentiels d’une telle réforme et de garantir la réalisation de tous les parcours possibles, au plus près des envies des internes mais aussi de l’évolution de notre spécialité. D’année en année, la santé publique occupe une place toujours plus importante dans l’évolution de notre société et dans la conception de notre système de santé. Cette évolution a été prise en compte dans notre nouveau référentiel de formation et dans la maquette de notre DES. Des incertitudes demeurent cependant au niveau national quant à certains arbitrages, ainsi que sur les échéances, notamment dans cette période d’élections présidentielles. Quoi qu’il en soit notre travail se poursuit afin d’assurer une mise en place adéquate des modalités de cette réforme au sein de toutes les villes d’internat. Nos efforts se concentrent notamment sur l’élaboration de cours qui seront mis à disposition sur une plateforme nationale de e-learning. Cette volonté nationale d’harmoniser notre formation théorique place nos enseignants face à leurs responsabilités. Il leur revient en effet de former les professionnels que nous sommes au niveau d’excellence que notre exercice requiert.

Ce nouveau temps fort de notre internat est donc une nouvelle occasion de nous rencontrer et d’échanger sur tous ces sujets.

Je vous souhaite donc une bonne lecture et un excellent séminaire !