ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT

Écrit par Alexandre Fauconnier le . Publié dans Editorial

François Krabansky, Président du CliSP 2015-2016

Convaincre, une expertise en santé publique trop peu exploitée

Comme vous le savez, le thème de formation des journées du CliSP édition 2016 porte sur les outils permettant de convaincre. Les études et les diagnostiques croisés avec les connaissances médicales et celles du système de santé, permettent aux médecins de santé publique de porter un regard pertinent et souvent utile sur les divers sujets touchant à la médecine, et plus généralement à la santé. Cependant cette vision et ces informations restent trop souvent méconnues des décideurs et des acteurs clés. Certes, les publications scientifiques en congrès ou dans des revues de renom permettent de partager ces découvertes ou ces analyses pertinentes. Cependant, seuls les acteurs intéressés par le sujet traité feront l’effort de faire une recherche sur « pubmed », et cela implique que la publication soit référencée, afin de rechercher l’information qui les intéresse dans leur démarche spécifique. Cet exemple un peu caricatural, encore que… montre l’importance de faire connaitre les résultats des travaux et des réflexions des médecins de santé publique, et les faire connaitre aux bonnes personnes ! Celles qui auront un pouvoir d’action ou de décision en l’occurrence. Ces personnes clés auront alors les bons outils, les bonnes informations et les bonnes données pour agir. Mais pour cela, il faut aussi les convaincre, d’une part de la qualité du travail effectué, mais aussi du bienfondé des conclusions et des possibilités d’action. Pour une action plus efficace en santé publique, il faut donc maitriser les outils de communication adaptés aux objectifs des travaux de recherche et d’étude des médecins et des internes.

 

 

La communication et la valorisation, des outils délaissés

A ce propos, il existe plusieurs formes de communication, celles en direction des décideurs, celles au grand public et parfois aussi à des acteurs ciblés. Dans le dernier cas, il semble que les publications de travaux déjà utilisées à l’heure actuelle par le biais de congrès ou de publication dans des revues puissent être suffisantes. Pour le reste, le plaidoyer, le lobbying et l’utilisation des médias doivent être maitrisés afin de porter efficacement les messages utiles à la santé. Ces moyens de valoriser et de rendre utiles les découvertes et conclusions des travaux de santé publique sont trop peu connus et trop peu enseignés. Pourtant, cela permettrait d’aider à construire le système de santé de demain, basé sur des preuves scientifiques et des diagnostics d’expert dans les différents domaines de la santé publique. Il ne faut pas pour autant se laisser tenter par la facilité en admettant que seuls ces outils changeront radicalement le monde de la santé. Tous les domaines, tous les aspects de la santé publique sont complémentaires et utiles pour y parvenir. Il faudra aussi qu’ils s’adaptent à l’évolution technologique, des pratiques, des connaissances et des attentes des acteurs de la santé.  

Un sentiment de renouveau

La fin du mandat arrive à l’heure des journées du CliSP, et une nouvelle équipe prendra bientôt place. Ce renouvellement sera l’occasion de relancer de nouveaux projets, d’engager de nouvelles réflexions sur la formation en santé publique et sur les aides que peut apporter le CliSP à tous les internes. Bien entendu, certains travaux en cours le resteront. La vigilance sur les propositions concernant la réforme du troisième cycle des études médicales restera un sujet d’attention particulier. Le changement du bureau est donc l’occasion de donner un regard nouveau sur les projets en cours et d’y apporter de nouvelles pierres. Un changement indispensable à l’adaptation devant l’évolution permanente de la spécialité.

Et après ?

Après ces deux années merveilleuses passées en compagnies de deux collèges motivés et investis, je ne peux que souhaiter que la bonne ambiance, la motivation et les objectifs communs perdurent au sein du CliSP. Les bases sont posées, la dynamique est lancée, les projets sont nombreux et les membres investis. De très nombreux acteurs du monde de la santé sont à l’écoute des internes de santé publique et attendent de nous des idées et des propositions. Beaucoup sont prêts à nous aider dans nos démarches et souhaitent autant que nous faire évoluer notre discipline qui manque anormalement de reconnaissance. Il reste du travail, des personnes à convaincre et des projets à concrétiser, pour cela je souhaite courage et réussite au bureau qui sera élu.

Merci à tous ceux avec qui j’ai eu le plaisir de travailler ou juste échanger lors de ces deux années. Merci à ceux qui m’ont fait connaitre le monde associatif et me l’ont fait aimer. J’espère avoir été une source de motivation tout comme vous l’avez été pour moi.